Le poisson d'avril, victime collatérale du coronavirus

Le poisson d’avril, victime collatérale du coronavirus

Le coronavirus compte désormais une victime de plus : le poisson d’avril. C’est en effet le quotidien des Hauts de France, le Courrier Picard, qui a du annuler la publication de son article décalé en l’honneur du 1er avril et de son traditionnel poisson. L’actualité chargée de ces dernières semaines a eu raison de cette tradition humoristique. C’est probablement la première fois que la tradition humoristiqued’un article sur le poisson d’avril est sacrifiée ».

Le cornavirus a largement touché le département de l’Oise et de la région du Hauts de France depuis le début de l’épidémie. Aussi le temps n’est guère aux plaisanteries.

En revanche, le coronavirus ne sera pas la dernière des préoccupations de Nord Littoral : « Nous n’avons jamais manqué un 1er avril », souligne le directeur général du journal, David Guévart. 

A l’Union, pas de ligne imposée par la direction, « libre aux différentes éditions locales de s’en procurer », explique Philippe Robin, responsable de l’édition dans le nord de l’Aisne. Il y a peut-être un « poisson » dans l’édition Marne, mais pas dans la nôtre. On ne peut pas rire de tout avec tout le monde », explique l’humoriste. « Le problème est que nous ne savons pas encore comment concevoir un humour ciblé… » Dès lors, il est clair que ce n’est vraiment pas le moment.

Un poisson d’avril revisité

« Nos fidèles lecteurs sont attachés à cet événement annuel », déclare le rédacteur en chef du journal Courrier Picard. Demain, le poisson d’avril prendra la forme d’un jeu, avec des titres anciens et des titres inventés, permettant aux lecteurs de démêler le vrai du faux. Mickaël Tassart et sa rédaction ont d’ailleurs tenu à « laisser une trace de cette tradition, même sous une autre forme ».

Même formule à l’Aisne Nouvelle, un jeu bien identifié plutôt qu’un article : « le contexte est évidemment particulier », rappelle Samir Heddar, « il faut s’adapter » Mais le rédacteur en chef de l’Aisne Nouvelle attend des réactions : « En ce jour, chacun est plus vigilant lorsqu’il ouvre son journal. Les lecteurs se posent la question, surtout le 1er avril, de savoir ce qui est exact ou non fidèle ». Ainsi, pour Samir Heddar, il n’y a aucune raison que cette vieille habitude disparaisse : « Nous allons voir les commentaires sur les réseaux sociaux, nous allons sans doute croire les gens qui verront dans une nouvelle très sérieuse notre poisson d’avril ».

Le poisson d’avril : un marronier pas bien frais ?

Avec la montée en force des « fake news » ces dernières années, notamment propagés par les réseaux sociaux, le poisson d’avril n’est plus à la fête. Il est déjà compliqué en temps normal de déméler le vrai du faux. C’est sans doute aussi pourquoi le poisson d’avril a mauvaise presse et que les médias et journaux sont moins enclins à publier des informations délibérément déformées

C’est en fait l’avis de ces professionnels de la presse, pour ceux qui s’aventureraient au poisson d’avril en cette période : il vaut mieux opter pour la pêche en haute mer. Et aller à la pêche aux (bonnes) infos…